lundi 1 juillet 2013

Ah, le p'tit café noir !


Cela fait exactement 69 jours, 12 heures et trois minutes que j'ai arrêté de boire du café. Quelques milliers d'heures sans mon addiction quotidienne, la mission n'est pas si impossible que cela finalement.

Durant les pauses de la journée, il suffit de remplacer le Nespresso, Senséo ou n'importe quel expresso par du thé, la caféine par la théine, et le tour est joué.

Parmi les souvenirs caféinés, me reviennent les quatre années passées à Washington, quand le café était, disons... d'un goût différent de celui proposé en Europe. On est en mars 2008. Jugez plutôt.


"Ah, le p'tit café noir, qu’on boit devant les porte-fenêtres… Quand les filles sont belles, du côté de Belleville...
Sauf que là, l’espresso du matin, ma dose ultra et multi-quotidienne de caféine, elle n’a plus le même goût.

Déjà, pas de copains avec qui le partager aux "Folies", temple de la camaraderie (vous montez la rue de Belleville), où l’on commentait l’air du jour, les nouvelles de la veille et les espoirs du lendemain. Le bon endroit, quoi !

Et puis pas de bon café, ici. Je sais, c’est la tarte à la crème de tout expat’ français aux States ; le café est ignoble, on navigue au choix entre lavasse et maronnasse… Et même les images rêvées dans l’Hexagone de la serveuse du diner qui vous apporte la cafetière en vous demandant si vous en voulez un autre, elles n’ont pas le même goût dès qu’on est dans le film.

Sauf que le café d’Amérique a un goût amer. Celui du marketing. J’ai longtemps refusé d’entrer dans un Starbucks par principe. Quand, fin 2006, j’apprends que la multinationale du cafélattegrande (6 milliards de dollars de chiffre d’affaires) s’oppose à ce que l’Ethiopie fasse des marques de trois de ses cafés, c’est le pompon.
C’est vrai, les cultivateurs éthiopiens pouvaient gagner environ 88 millions de dollars par an. Indécent, non ? Rappel : 25 % de la population éthiopienne (77 millions d'habitants) vivent avec un dollar par jour et 80 % de la population avec moins de 2 dollars par jour.

Bref, une honte finie et grâce à l’intervention de l'ONG Oxfam, la multinationale du café (14 000 boutiques dans le monde) est revenue en arrière et l’Ethiopie a pu avoir ses marques, et davantage d’argent de son acheteur Starbucks. Une simple goutte de café diluée dans leurs bénéfices. Alors, qu’ils arrêtent de parler de développement durable maintenant, hein ?

Et pourtant, je suis allé (hum, hum… trois fois) dans un Starbucks depuis mon installation ici. C’est quand même le seul endroit (avec le café à 500 mètres de chez nous, Connie's, si vous passez un jour, n’hésitez pas…) à produire un breuvage noir acceptable ; le double espresso. Pas de lait, juste la petite dose de peps qu’il faut.

On ira au Starbucks, donc, mais avec modération."



1 commentaire:

  1. Et pourquoi as-tu arrêté le café?
    Entre mes deux séjours aux US (1985 et 1997), j'avais noté un très très léger mieux, mais loiiiin de me suffire. Entre 1997 et 2010, j'ai trouvé que c'était quand même drôlement mieux!
    Lulette - lapuce

    RépondreSupprimer