lundi 3 juin 2013

Les diners bobos

Rendez-vous compte, mes amis, que je n’avais jamais rencontré de bobos, au sens sociologique du terme ! 

J’ai des excuses, j’ai vécu chez les cow-boys !

Eh bien, cette lacune est réparée puisque, depuis mon retour, je m’aperçois que cette population que je croyais cantonnée à quelques quartiers parisiens, est présente aussi en province !

Elle n’est pas forcément d’une option politique bien définie mais d’un patchwork d’opinions et de visions assez disparates. Sauf en matière de cuisine et d’organisation de diners !

Voici comment organiser ton diner néo-bobo, hyper tendance «quoâ» !

Tu reçois dans un décor trendy. Fait de tapisserie en poils de chevreau et aux couleurs ternes, qualifiées de «neutres» et «casuals».

Tu sers un cocktail mode et exotique, mais avec une touche d’originalité. Le mojito (rhum blanc et menthe), le planteur revisité avec du sirop bubble-gum, le daïquiri agrémenté de la biographie d’Hémingway ou de l’anecdote du dernier congrès à Miami… Le tout servi dans un dé à coudre en une seule fois... Parce que la modération est la clé de voute de l’apéritif. Des amuse-bouches qualifiés de zakouskis mais verts ! Pas de saucisson, par dieu trop populo, ni de mini-quiches, beaucoup trop années 80 !

On passe à table, mais sans nappe ! Cela use trop de lessive de la laver, et puis on aime les matières brutes et authentiques, plus proches de la nature. Bon en même temps j’ai bien reconnu la table Ikéa au nom imprononçable, que l’on trouve partout sur la planète (même à Phoenix !).

Les plats sont réalisés avec des aliments de saison. Pas moyen d’avoir une tomate cerise ou une laitue au cœur de l’hiver ! Le chicon sinon rien… Si les hôtes ont craqué sur une barquette de fraises ou un concombre, ils battent leur coulpe la soirée durant, disant qu’ils sont sur le chemin, mais qu’il est semé d’embûches, et que quelquefois ils succombent.

La conversation tourne essentiellement autour de la cuisine, avec ses codes. On doit être bio, ou tout du moins y tendre. On doit se dire que l’on n’achète,  jamais ô grand jamais, de produits surgelés, et que bien-sûr «on» savait pour la viande de cheval ! On se passe le menu du dernier bistrot bio à la mode, et on conclut, bienheureux, qu’on y est entre nous. 

On se raconte les diners étoilés, et les vedettes que l’on y croise. On déteste Marc Veyrat, mais on adore ses disciples. On déclare sa flamme à Joël Robuchon et on raconte par le menu son expérience à l’Oxalys et la saveur de la soupe d’ortie à 80 euros… (non, j’exagèèèère !)

Le diner s’achève sur des cafés bio, bien entendu, mais aussi équitables car on est bien conscient de la souffrance du producteur local. Tout en fustigeant les jeunes, en France, qui n’acceptent plus de travailler 12 h par jour pour des clopinettes.

Ah, juste un truc pour finir… Si tu organises un diner bobo, oublie de m’inviter !

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire