samedi 8 juin 2013

Le goût des autres


Etrange expérience que celle de la semaine dernière. Vous avez déjà tous et toutes déjà été enrhumés. Mais organiser un brunch en ayant perdu deux sens constitue un joli parcours du combattant. 

C’est comme si vous marchiez dans votre appartement et que le courant se coupe. Vous savez vous repérer mais il vous manque un petit quelque chose. C’est un moment bizarre.

Quand vous coupez les fruits, vous en palpez la texture, vos souvenirs vous rappellent leur goût en bouche. Mais impossible de savoir si l’ananas est assez mûr autrement qu’en le tâtant. Le lard crépite sur la cuisinière, les invités –vos amis- dégustent le saumon accompagné de salade sur pain noir. 

Je ne sentais rien. Mais je voyais, je regardais en coin les invités, scrutais chacune de leur mimique pour voir si les œufs étaient bien brouillés. Avaient-ils apprécié le jus d’orange, le thé était-il infusé à souhait ?
Tout ce que je devinais auparavant d’un coup de papille m’était désormais une patrie inconnue. J’avançais à pas feutrés dans la conversation pour capter le plaisir des convives. Le moindre « délicieux » m’enchantait, le plus petit « très frais, tes fruits » me ravissait.

J’en avais oublié de manger. Je m’étais nourri du goût des autres.




3 commentaires:

  1. "je m'étais nourri de gout des autres", did donc, Yib's c'est pas mal du tout, ça, tu devrais écrire, tu sais!!

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  2. @ Ariana et Stéphanie : merci beaucoup (le rhume va bien mieux, ouf).

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