vendredi 7 juin 2013

Le drame du déjeuner d’affaire

On n’en parle pas assez ! Comment rester professionnel(le) lors d’un déjeuner de travail alors que parler la bouche pleine est un des interdits fondateurs de notre étiquette sociale ?

Eh bien, c’est une gageure, et j’en ai fait les frais lors de mon dernier déjeuner.

En fait, il faut bien choisir le restaurant. Le japonais, avec le sushi tombant de la baguette dans la sauce soja, éclaboussant au passage votre chemiser blanc, est à bannir… de même que le Mexicain où vous devenez rouge brique (en parfaite inélégance avec votre veste turquoise), ou le restaurant servant des sandwichs, certes artistiques, mais dont l’équilibre et la mayonnaise, mettent en péril absolu votre distinction légendaire… 

Sans oublier que le choix de vos aliments en dit long sur votre personnalité, et que tout faux pas peut anéantir la suite de votre business.

Entendons nous bien : les restaurants italiens ne constituent pas une alternative ! 

La carte est votre ennemie. Pas de salade (même la laitue à l’huile d’olive peut être une menace) dans ce petit bistro de Genève, ou je m’installe en face de deux hommes charmants, avec lesquels je négocie un contrat, potentiellement aussi juteux qu’un osso-buco…

Je ne prends pas de risque : une pizza, simple, sans rien pouvant tomber ou gicler ou graisser mes lèvres. Bref, j’essaye de garder le contrôle de ma communication non verbale.

Sauf que ladite pizza est très cuite. Et que pâte très cuite signifie difficile à avaler. Je prends la première bouchée et m’aperçoit très vite que ça ne va pas le faire.

Trois choix :
- Soit je mâche longuement, ce qui m'empêche de répondre à mon interlocuteur, laissant un silence assourdissant s’installer, au risque de m’étrangler en essayant d’avaler au plus vite.
- Soit je l’asperge de miettes de pizza.
- Soit, enfin, je les laisse prendre la main sur la communication : même pas en rêve.

Et bien entendu, mes interlocuteurs me posaient des questions pile-poil au moment ou j’enfournais une bouchée !

Je choisis la fuite, et laissai ma pizza presque entière reposer dans mon assiette. J’espère au moins avoir le contrat !

Baci à la sauce tomates-cerises de Nath !

4 commentaires:

  1. C'est très drôle, parce que très vrai!!! C'est trop difficile de manger quand on veut impressionner, je mange tres peu dans les soirées, heureusement j'ai peu de déjeuners d'affaires!!

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    1. En même temps jouer de la flûte ET manger... pas glop ! Bises ma belle.

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  2. Ca me rappelle les serveurs ici : ils te demandent toujours si c'est bon quand tu as la bouche pleine. :-)
    En meme temps, ca peut peut-etre aussi detendre l'atmosphere, de se montrer un peu maladroit a table.
    Bisous, Nath !

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    1. Hélas pas en Suisse... Oui moi aussi j'avais remarqué cela ! Bises ma belle.

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