vendredi 21 juin 2013

La télé-réalité sur la balance

La 13 ème saison est achevée aux Etats-Unis et le succès est toujours là. "The biggest loser", qu'on pourrait traduire par "le plus grand perdant" ou "qui perd gagne" (la traduction québécoise), est une bien étrange émission de télé-réalité. 

Son principe est simple : elle couronne le candidat qui aura perdu la plus grande masse corporelle par rapport à son poids d'origine. 

Comme les poids tournent autour de 150kg et que l'émission dure environ trois mois, les gagnants descendent généralement à un poids de 90 kg. 

Comme toute émission de télé-réalité, elle rassemble une dizaine de candidats dans un lieu unique, un ranch. Deux équipes sont formées et les coachs entrent en scène pour leur faire perdre des kilos par dizaines au fur et à mesure des semaines. 

Entre motivation et douleur
Rien ne leur sera épargné. Les entraineurs fonctionnent sur courant alternatif, à coups de récompenses, d'encouragements et de mots moins doux ("bon, si tu ne veux pas bouger tes pieds, c'est toi que ça regarde", "mais tu vas te remuer, enfin !", "si tu comptes repartir chez toi, te gênes pas"). 

Une motivation à l'américaine, entre effets de groupe ("on se soutient tous, on va y arriver") et soufflantes individuelles.  

Comme de bien entendu, les éliminations de candidat se succèdent chaque semaine jusqu'à la proclamation du vainqueur, entre rires, larmes et bon nombre de cris, qui emportera 250 000 dollars.

Individualisme forcené
L'émission est fascinante ; je la regardais à la fois en étant gêné de voir des gens se faire crier dessus (jamais très agréable d'être en position de voyeur), tout en étant curieux de voir ce qui se passait chaque semaine dans ce ranch. Et cette fascination du nombre, de la perte, symbolisée par les gigantesques chiffres qui s'affichent au-dessus des candidats à la pesée. 

Mais ce qui me gênait surtout était l'idéologie sous-jacente de ce type de programme. Bon, d'accord, c'est le principe de la télé-réalité, l'élimination, l'individualisme forcené. Mais là, quand même, le titre de la treizième saison était : "no excuses". "Pas d'excuse". Grosso modo, j'ai compris un message assez basique : "bon, les gars (et les filles), vous avez lâché du lest, maintenant faudrait penser à vous reprendre et à pas faire vos feignasses. Ok, vous êtes en surpoids, mais en vous bougeant, vous pouvez le perdre. Tout ne dépend que de vous". 

Hummm, d'accord, tout ne dépend que d'eux durant les trois mois où ils sont isolés des tentations, de leur travail, de leur famille... De leurs habitudes. Mais ensuite ? Quand ils seront replongés dans le quotidien ? Trois, cinq ans plus tard ?

Les suites du régime
De cela, on ne sait rien. Ou peu. Certes, l'émission revient quelques mois plus tard avec des candidats emblématiques, sur leur sortie du ranch et la poursuite de leur régime. Et la plupart du temps, ils n'ont pas trop repris de poids. Mais ensuite ?

Bon, ce n'est que de la télé. Et on éteint toujours le poste à un moment donné. N'empêche qu'en France, il n'y a aucune émission de ce genre. Il y a bien eu une rumeur disant que "The biggest loser" débarquerait sur les écrans en 2010. Puis plus rien.

En Europe, le programme est diffusé en Angleterre, en Allemagne aussi. Avec la palme de l'originalité pour le Danemark où une autre émission sur les régimes s'intitule carrément "La Ville qui dégraisse"... pour faire maigrir toute une bourgade. 

1 commentaire:

  1. C'est dommage que sur blogspot on ne puisse pas poster de petits smileys : j'aurais bien mis celui qui a envie de vomir.
    Remarque, ça fait maigrir aussi, de vomir ...
    Je sors.

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