mercredi 12 juin 2013

Diners... ouh les copieurs !


Vous avez dû remarquer à quel point les restaurants essaient de se démarquer.
 
Et je vous le donne en mille : beaucoup copient le style américan fifties, genre route 66, la grande Amérique des années 50... 

Lorsque le plein ne vous coûtait pas le prix d’une entrecôte et que l’individu le plus dangereux s’appelait Fonzie, qu’il arborait une banane capillaire et lapait son milk-shake à califourchon sur une Harley bien bourgeoise ! 


Bref on vient se reposer les idées dans le rêve prospère des 30 glorieuses et s’encanailler gustativement avec un « gourmet » hamburger au nom évocateur des grands espaces US… 

On va dans un diner.

Le phénomène prend tellement d’ampleur que, même dans mon coin de la Haute-Savoie, il y en a un qui a ouvert.

Pour fêter notre première année du retour dans la mère patrie, nous décidons de faire un revival américain (et aussi parce que les ados avaient très envie d’un giant triple cheeseburger et moi d’un Oréo milkshake !)

Ce qui fait le charme du dinner des US c’est le décor. Le jukebox, les tables en formica et chrome, les affiches des films de l’époque, les serveurs et serveuses en costume. Bref l’illusion est parfaite, jusque dans les toilettes ou le moindre détail est soigné (avec le confort moderne tout de même !). 

Là, on voit bien que les proprios ont fait le tour des brocantes pour récupérer des objets vintage. Mais tout est disharmonieux, les couleurs de Miami (acidulées et art déco) côtoient les figures de Hollywood (l’autre côte) et la collection de plaques américaines sent bon la reproduction des boutiques pour adolescents.

Le service est plus haut-savoyard qu’américain, c'est-à-dire sans sourire et avec une pointe de condescendance. Les prix frôlent l’indécence et la carte, exclusivement composée de hamburgers, ne respecte pas la charte des diners made in US : le comfort food (soit les meatloaf, les chicken pot pie, et autre foie braisé sur pois sucrés…)

Nous commandâmes un hamburger donc, au nom évocateur, pour nous : le Tucson (prononcé "tousone"). Le serveur corrigea la prononciation avec humeur, et lorsque nous lui fîmes remarquer que nous avions la bonne prononciation, nous eûmes droit à un : « Ouais ben ici on le dit comme ça ! ».

Le steak était bon et sûrement plus diététique et digeste qu’au pays de l’oncle Sam… Arriva le moment de l’Oréo milkshake, le truc de folie que nous adorions et qui, les soirs de blues, nous remettait du soleil à l’âme. Quelle ne fut pas notre déception de voir arriver une glace liquide, nappée de chantilly sans tenue et, ô sacrilège !!!!!! Sans cerise confite…

La note de 95 euros nous acheva.

Bref notre maison US était réputée comme le meilleur restaurant français de Phoenix. Je sens que nous allons devenir la meilleure table US de la Yaute !

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